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Le Soir, 1 juin 2025

Ces deux dernières semaines, le rapporteur spécial de l’ONU sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme, le Belge Olivier De Schutter, était au Rwanda pour observer les efforts de Kigali dans sa lutte contre la pauvreté. C’est dans ce contexte que le juriste spécialiste des droits sociaux et économiques, de la mondialisation et des droits de l’homme a accordé un entretien au Soir dans lequel il aborde le deux poids deux mesures des Occidentaux, la crise du multilatéralisme ou encore les atteintes à l’Etat de droit.

Quels sont les principaux enseignements de votre mission au Rwanda ?

La lutte contre la pauvreté a produit des résultats impressionnants dans le pays. On a vu une réduction de 39,8 % de la population sous le seuil de pauvreté en 2017 à 27,4 % en 2024. Ça veut dire que 1,5 million de personnes sont sorties de la pauvreté en sept ans. Le vrai défi est désormais de réduire l’écart considérable entre les villes et les zones rurales. Dans les campagnes, 31,6 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, c’est près de deux fois moins dans les villes. Ceci s’explique par le fait que le gouvernement a misé la croissance du pays sur le tourisme de luxe, les services financiers et de télécoms, toute l’industrie de l’événementiel, notamment dans la capitale Kigali. C’est une stratégie payante pour un segment de la population, mais pas pour la masse. Mon principal conseil au gouvernement, c’est donc d’aider maintenant les petits agriculteurs qui cultivent des lopins de terre.

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