Le constat est aussi évident qu’amer. Les crises climatiques croissent, les appels à l’aide internationale explosent et la solidarité internationale, elle, s’amenuise. Face à ce constat, peut-on dire aujourd’hui qu’on ne peut plus se contenter de l’aide humanitaire telle qu’on l’a connue jusqu’ici ?
Olivier de Schutter : “C’est vrai que l’aide technocratiquement fournie n’est plus vraiment en odeur de sainteté auprès des gouvernements. On pense évidemment à la position des États-Unis. Certaines estimations scientifiques publiées dans la revue Nature montrent que le retrait d’USAID (L’agence du gouvernement américain chargée de l’aide économique et humanitaire dans le monde, NdlR) va causer 25 millions de morts supplémentaires dans le monde. Et on estime qu’étant donné les impacts sur la nutrition, la santé, etc., ce sont 100 personnes qui meurent par heure en raison de cette décision. Mais à côté des États-Unis, de nombreux États réduisent leur aide au développement, y compris en Europe, notamment parce que les États investissent plus renforcer la défense. La Belgique n’échappe pas à ce phénomène. On peut aussi mettre en avant une certaine fatigue des États donateurs.